5. Les cartes du ciel


    Cartes sur table

 

 

 

 

Le but de ce chapitre est de vous fournir un petit atlas stellaire qui vous permettra de localiser les constellations, les étoiles les nébuleuses , les galaxies et les amas les plus connus .

Mais auparavant , il faut se familiariser avec les différents types de cartes et apprendre à prévoir comment le ciel change au cours des saisons .

 

 

 

 

 

 

Etoiles à la carte 

 

Les cartes d'astronomie revêtent des formes multiples et il n'est pas inutile de voir à quelle portion de la sphère céleste correspond chacune d'elle .

Comme son nom l'indique, la carte polaire est centrée sur le pôle nord céleste et représente l'intégralité du ciel visible sous nos latitudes au cours d'une année entière.

 

Elle développe donc à l'intérieur d'un disque toute la partie de la sphère céleste qui est située au nord du 50eme parallèle sud .

Cela représente évidemment beaucoup plus qu'un hémisphère .

Pour un jour et une heure donnés , ce que nous voyons du ciel correspond à l'intérieur d'un cercle semblable à celui que nous avons représenté en pointillés .

 

 

 

La carte du ciel représente l'hémisphère céleste  visible à un moment donné . Elle correspond donc à la zone délimitée par les pointillés sur la carte précédente .

Le cercle délimitant la carte représente l’horizon.

Dans le ciel, il faudra chercher les étoiles du pourtour de la carte en position basse, prés de l'horizon (hauteur 0°). Tandis qu'on retrouve les étoiles du centre de la carte, au zénith, le point le plus haut du ciel , situé à la verticale du lieu (90° de hauteur).  La polaire occupe une situation intermédiaire (45° de hauteur) en direction du nord .

 

 

 

 

Les débutants utilisent souvent une carte de l'horizon , en forme de demi disque , qui représente la moitié d'un hémisphère céleste , c'est à dire , à peu prés ce qu'on voit quand on se tourne vers un point cardinal .

L'horizon , qui ici est représenté par une ligne droite occupant la base de la carte , évoque bien le plan sur lequel nous prenons assise .

Cette ligne est orientée est-ouest , ce qui situe le nord (ou le sud) sur l'axe de symétrie de la carte, au milieu de la base rectiligne .

 

Le principal défaut de la carte d'horizon est de ne représenter que la moitié du ciel visible . Il en faut deux pour représenter le ciel en entier , ce qui est très gênant quand on tente de localiser les étoiles en traçant dans le ciel des lignes imaginaires qui peuvent très bien franchir la limite entre les deux cartes .

Il est donc préférable de faire l'effort de comprendre comment fonctionne une carte du ciel . Pour utiliser une carte du ciel, il faut tourner vers le bas le point cardinal vers lequel on s'oriente. Telle qu'elle est orientée, notre carte du ciel permet d'observer le ciel du sud. Pour avoir un point de vue équivalent à celui de la carte d'horizon, nous situerions le nord de la carte du ciel en bas et nous restreindrions notre examen à sa partie inférieure.

Quant à la carte polaire, elle est en général occultée par un cache qui ne laisse voir que la zone correspondant au disque délimité par les pointillés, ce qui fait que son utilisation est identique à celle d'une carte du ciel .

Enfin , il faut signaler la carte locale , qui est en général rectangulaire et ne représente qu'une petite portion de la sphère céleste aux fins de l'observer au télescope ou , au moins à la jumelle. Ces instruments permettant de voir de nombreux objets qu'on ne peut déceler à l'œil nu , une carte locale comporte de nombreux détails.

 

 

 

De la carte polaire à la carte du ciel ...

 

Une carte de l'hémisphère nord serait limitée à l’équateur (en bleu) . Sous nos latitudes, le ciel visible déborde largement sur l’hémisphère sud, ce qui fait que pour être valable, une carte polaire doit couvrir à peu prés les ¾ de la sphère céleste. Pour étudier les étoiles , nous lui préférerons des cartes du ciel et des cartes locales , plus précises.  Mais il est utile de savoir comment on passe d'une carte à l'autre et pour cela , la première question que nous devons nous poser est la suivante : pour un jour et une heure donnée , quelle est la portion de la carte polaire que nous donne à voir le ciel , au dessus de l'horizon ?

 

 

Si nous essayons de tracer les limites de notre horizon :

il doit être circulaire , son sud doit coïncider avec le bord extrême de la carte polaire et il doit englober le disque circumpolaire (de rayon 45°) centré sur Polaris.

 Une fois tracé le cercle d'horizon , nous devons imaginer comment il se meut :  pour que la polaire soit un point fixe nous devons l'utiliser comme une épingle qui rend solidaire les deux cercles et nous assure de son immobilité .

Puis , il suffit de faire tourner le petit cercle autour de l'épingle de façon qu'il fasse en une journée un tour complet (rotation de la terre sur elle même) plus un degré (rotation de la terre autour du soleil = 360/365 degré / jour) dans le sens indiqué par le dessin .

L'horizon sud est toujours le point du petit cercle qui touche le grand . L'horizon nord lui est diamétralement opposé .

Il ne manque qu'une origine à ce mouvement: elle est donnée par la carte précédente qui indique la position de l'horizon sud à 21 heures pour les jours et mois indiqués (15-1, 1-3, 15-4, etc...).

 

 Nous avons donc virtuellement conçu un appareil permettant de prévoir quel sera l'état du ciel pour un jour et une heure donnée (il est équivalent de fixer le petit cercle et de faire tourner le grand disque).

On trouve des appareils de ce type en vente dans le commerce . Ils sont constitués d'un cache de carton rectangulaire percé d'un trou circulaire correspondant à l'horizon. Ce cache contient une carte polaire qu'on peut faire tourner autour de Polaris pour avoir une carte du ciel en fonction de la date .

Les méridiens de la carte du haut font entre eux des angles de 3 heures (soit 45°) . D'heure en heure , le sud progresse de 15° (1/3 de l'angle formé par deux méridiens). Si l'on observe le ciel tous les jours à la même heure, le sud ne progresse que d'un degré entre deux observations.

On voit que pendant une période mensuelle le ciel est relativement stable autour du méridien .

Les régions limitrophes de l'Est (à gauche) et de l'Ouest (à droite) sont les plus affectées .

 

 Visibilité selon la saison

 

 

 Ces 4 cartes du ciel , dressées à 22 heures (environ) aux dates indiquées, illustrent les principes définis à la page précédente . D'aprés la situation de la polaire elles correspondent à une latitude assez basse (environ 35°).

On peut vérifier que leur contenu est conforme à la position d'un cercle d'horizon se déplaçant dans la carte polaire selon la définition que nous avons donnée à son mouvement .

Le tracé du méridien local (de la polaire au nord au sud sur l’horizon) facilite le contrôle .

Ces cartes sont surtout utiles pour localiser les constellations et prévoir leur orientation .

Comme ici, le tracé des constellations doit être simple et négliger les étoiles les moins brillantes , sans quoi on aura du mal à en reconnaître le dessin dans le ciel

 

 

 

 






On voit , par exemple , qu'il faut chercher Orion au Sud - Est (prés du levant) au mois de janvier et au Sud - Ouest (prés du couchant) en avril .

Plus une constellation est proche du bord de la carte , plus elle est basse sur l'horizon .

Le zénith, le point le plus haut du ciel ,  est au centre de la carte

 

 




 




Pour trouver le serpentaire à 22h au début du mois de juillet , il suffit de parcourir , dans le ciel l'arc de cercle qui joint le zénith et l'horizon Sud - Est. On va frôler la Couronne Boréale , descendre sur le Serpentaire et buter sur le Sagittaire, au ras de l'horizon .

Le ciel tournant autour de la polaire de 15° en 1 heure , le Sagittaire se trouvera plein sud dans 3h environ .

 







 

Si l'on observe le ciel tous les jours à 22h , le ciel ne tourne que d'un degré par jour . Il faudra donc attendre 45 jours pour que le Sagittaire se trouve plein sud à 22h .

 Plus une constellation est proche du cercle circumpolaire, plus sa période de visibilité sera longue .

Au contraire , les constellations les plus éloignées du pôle ne seront visibles que brièvement , prés du sud.

La Grande Ourse ou Cassiopée seront visibles toute l'année et toute la nuit , tandis que le Scorpion ou le Sagittaire ne seront visibles que pendant trois ou quatre mois consécutifs , 6 à 8 heures par nuit.

1 heure au cours d'une nuit = 15 jours au cours d'une année .

 

 

 

 

 Pour une observation plus minutieuse

 

 

             

 

Comme une carte routière , cette carte polaire est divisée en 4 régions dont les pages suivantes donneront le détail .

La 1ere région contient le ciel circumpolaire et ses régions limitrophes .

Elle permet donc d'abord d'étudier les constellations présentes tout au long de l'année et d'y situer les principaux objets , notamment les étoiles ou amas d'étoiles dont la magnitude (l'éclat) permet la localisation à l'oeil nu .

On y voit même deux galaxies : la nébuleuse d'Andromède et la galaxie du Triangle mais pas de nébuleuse diffuse (énorme nuage de gaz coloré) car celles de cette région (bien qu'elles soient nombreuses dans la voie lactée) ne sont pas assez spectaculaires pour êtresignalées .

Ceci - dit , nous ne perdrons pas de vue que pour observer le détail des amas d'étoiles , des nébuleuses ou des galaxies , il faut un télescope , si possible un 200 mm (diamètre minimum du miroir) .

En outre , la 1ere  région , permet de faire le lien avec les trois autres dont elle contient  les zones les plus septentrionales .

Certains tracés indiquent comment utiliser les repères du ciel circumpolaire pour localiser les régions limitrophes .

 

Les trois autres régions contiennent les parties les plus méridionales de la sphère.

Avec ces régions, on abandonne le principe de la carte polaire pour adopter celui de la vue d'ensemble .

Cela signifie que le bas de la carte correspond à peu prés à l'horizon et le haut à une zone qui peut être assez proche du zénith .

Chacune de ces régions est divisée verticalement en tiers . Pour chaque tiers est indiqué le mois de culminaison sur le méridien . C'est le mois le plus propice à une observation exhaustive . Ceci dit , le tiers en question sera présent à l'Est du méridien pendant les deux mois précédant le mois de culminaison et à l'ouest du méridien pendant les deux mois suivant le mois de culminaison , ce qui fait que chacune des cartes est utilisable (au moins partiellement) pendant une durée dépassant le trimestre  .

A partir de la région 1 , vers quelles constellations faut-il se diriger pour atteindre les autres régions ?

La région 2 est dominée par Hercule , le Cygne et pégase .

La région 3 par le Bouvier et le Lion .

La région 4 par les Gémeaux , le Cocher et Persée .

Ces constellations servent de charnière entre la région circumpolaire et les régions plus méridionales .

 

LE CIEL CIRCUMPOLAIRE

 


             

 

 

 Dans le ciel circumpolaire , la Grande ourse constitue la base du repérage . La Grande ourse est souvent comparée à une casserole . En se tournant vers le nord , on ne peut manquer cette grande constellation formée d'étoiles relativement brillantes . En ouvrant grande la main , à bout de bras , on n'arrive pas à couvrir toute sa superficie .

Mizar , l'avant dernière étoile du manche de la casserole est une étoile multiple  dont le compagnon principal s'appelle Alcor (beaucoup plus petit) .

Prés de la Grande ourse , on peut observer 5 galaxies de magnitude inférieure à 9 dont les plus spectaculaires sont M81 et M82 (presque confondues) et M94 en direction de la Chevelure de Bérénice.

       En prolongeant la ligne qui constitue le bord extrême de la casserole (de la base vers l'ouverture , de Merak vers Dubhe) , on localise facilement l'étoile polaire (Polaris) qui est la seule étoile brillante de cette région du ciel , à une hauteur d'à peu prés 43° au dessus de l'horizon nord . Par contre , le reste de la Petite ourse est formé d'étoiles relativement ternes mis à part les deux étoiles les plus éloignées de la polaire. Il faut être attentif , si la visibilité est moyenne, pour distinguer,  le dessin de casserole (encore une) promis par le cartographe .

     Si l'on prolonge encore la ligne Merak - Dubhe qui nous a permis de trouver la polaire , on tombe sur Céphée (en forme de maisonnette) . Une constellation peu spectaculaire, connue surtout parce qu'elle abrite des étoiles variables exemplaires connues sous le nom deCéphéides .

     

En prolongeant la ligne Alkaid - polaire qui joint le bout des manches des deux casseroles , on pointe approximativement vers une constellation de taille moyenne mais formée de 5 étoiles brillantes ( Caph, ChedirCihKsora et Segin) dessinant dans le ciel un W ou unM caractéristique . Il s'agit de Cassiopée facilement repérable en toute saison .

     Enfin , entre les deux ourses , on distingue un chapelet d'étoiles assez ternes : c'est la queue du Dragon qui s'étire en longueur dans toute cette région du ciel . Sur le Dragon , rien de particulier à signaler sinon deux pluies d'étoiles filantes Draconis et Quadrantis dont la seconde se produit régulièrement autour du 3 janvier. Il s'agit de résidus d'un objet céleste (le plus souvent une comète) que notre atmosphère frôle périodiquement , provoquant l'effet que l'on connaît .

 

    Il est utile d'observer comment , à partir du ciel circumpolaire on peut se diriger vers Hercule , Le Cygne et Pégase (région 2) , le Bouvier et le Lion (région 3) , les Gémeaux , le Cocher et Persée (région 4).  Cela nous permettra de savoir quelle carte il conviendra de consulter pour analyser en détail la région du ciel qui nous intéresse .

 

         Aux alentours du méridien vers 21h en ...

décembre                                            octobre                                       septembre

 

 

 

 

A titre d'exemple , le tiers central de cette carte occupe le méridien (plein sud) au mois d'octobre , on le verra vers le levant en août et septembre , vers le couchant en novembre et décembre .

L’Equateur et l’Ecliptique qui y figurent  , peuvent servir de points de repères .

Il s’agit d’une vue d’ensemble qui ne rend pas compte de la rotondité du ciel .

 

Le schéma ci-contre montre comment , à partir de Cassiopée, on obtient deux droites qui délimitent approximativement le secteur correspondant à la région 2

La première conduit vers Véga de la Lyre qui est après Arcturus (du Bouvier) l'étoile la plus brillante du ciel d'été (la 5eme  au classement scratch).

La seconde conduit vers le Carré de Pégase, facilement repérable avec quatre étoiles assez lumineuses dans une région plutôt terne .

Véga forme avec Deneb du Cygne et Altaïr de l'aigle , le célèbre Triangle d'été. Le surnom de Croix du Nord, qu'on a parfois donné au Cygne, a moins fait recette , que la très médiatique Croix du Sud, invisible sous nos latitudes. Pourtant , il n'est pas immérité .

 

 



La voie lactée correspond à la bande oblique qui contient les nébuleuses diffuses , du Cygne au Sagittaire .

Pégase semble doté de deux ailes , comme le cheval légendaire qui lui a donné son nom , mais l'une d'elles est en réalité une constellation à part entière : il s'agit d'Andromède qui abrite l'objet le plus lointain qui soit visible à l'oeil nu : M31 la grande nébuleuse d'Andromède qui est malgré son nom équivoque, une énorme galaxie située à deux millions d'années lumière . M31 est l'une des galaxies les plus proches de la nôtre .

La galaxie du triangle (M33) se trouve de l'autre côté d'Andromède , prés de la constellation dont elle porte la nom.

Sous l'aile du Cygne qui pointe vers Pégase, on trouve une petite constellation dont le nom évoque bien la forme, il s'agit du Dauphin dont les étoiles ne sont pas très brillantes mais homogènes et concentrées .

Plus bas , prés de l'horizon , on tombe sur les constellations du zodiaque :

Poissons , Verseau , Capricorne , Sagittaire qui occupent des positions de plus en plus basses quand elles sont au Méridien  .

C'est entre Poissons et Verseau (plutôt dans les Poissons) que se trouve le point vernal qui marque donc le lieu où l'écliptique traverse l'équateur du sud au nord .

Il faut de bons yeux pour distinguer les Poissons, qui flanquent le carré de Pégase, mais la fourche du Verseau, le triangle du Capricorne , la théière du Sagittaire n'échapperont pas à un observateur attentif .

Dans la région du Sagittaire , on trouve de nombreux amas d'étoile et plusieurs nébuleuses : la nébuleuse de la Lagune, la nébuleuse Trifide , la nébuleuse Oméga ,  la nébuleuse de l'Aigle.

 

Aux alentours du méridien vers 22h en ...

août                                                     juillet                                                        mai

En se laissant glisser sur la queue de la Grande Ourse , on tombe sur Arcturus du Bouvier .

Comme c'est une étoile très brillante (la plus brillante du ciel d’été) elle est très facile à situer .

En prolongeant encore cette trajectoire , on localise une autre étoile  brillante : Spica , l'épi de la Vierge .

 

Relativement proche du Bouvier, la Couronne Boréale forme un collier d'étoiles assez  nettes au centre duquel brille Gemma la bien nommée .

 

Même si elle constitue avec la Coupe et le Corbeau, un vaste ensemble stellaire très bas sur l'horizon, l'Hydre n'apparaît pas à l'observateur comme une figure vigoureuse , frappant l'imagination, et il faut une bonne visibilité pour en déceler la structure .

 

Ce n'est pas le cas du Lion , dont la forme évoque vraiment le fauve couché .

Sa présence est révélée par deux étoiles relativement brillantes : Régulus à la base du cou et Dénébola , au bout de la queue .

Le Petit Lion , qui le surplombe , est beaucoup moins spectaculaire et il n'a été répertorié comme constellation que tardivement .

 

En août et septembre , le Scorpion détache au sud, prés de l'horizon,  sa silhouette de palmier lumineux dans une région relativement obscure du ciel . Au faîte de son tronc brille Antarès dont le nom qui signifie en arabe "le rival de Mars" est justifié par sa qualité de géante rouge, grande comme 300 soleils .

C'est aussi aux Arabes que nous devons le nom des deux étoiles principales de la Balance : Zuben elschemali "la pince du nord" et Zuben elgenubi "la pince du sud" montrant clairement que  dans leur Zodiaque , Scorpion et Vierge se côtoyaient , la Balance étant considérée comme partie intégrante du premier de ces signes .

 

Dans cette région , on peut apercevoir aussi de beaux amas stellaires dont l'amas du Papillon (M6) et M7 entre Scorpion et Sagittaire , la Crêche dans le Cancer , Mel 111 dans la Chevelure de Bérénice .

 

Le domaine situé entre la Vierge et la Chevelure de Bérénice est l'un des plus riches en galaxies (on en a compté plus de 13.000). Il s'agit du fameux amas de la Vierge .

Mais ici , seuls les objets les plus lumineux sont représentés (en gros , ceux qui sont visibles avec un petit télescope), sans quoi , la carte grouillerait d'objets et il serait très difficile de reconnaître les constellations .

 

 

Aux alentours du méridien vers 21h en ...

avril                                                   février                                                janvier

 

C'est probablement la région du ciel la plus riche en objets brillants .

Vers 20-21 heures , en décembre,  on peut voir Orion se lever à l'est .

En mai , Orion se couche à l'ouest , à peu prés à la même heure .

Entre les deux , elle illumine le ciel d'hiver comme si elle contribuait à la débauche lumineuse qui marque l'approche de Noël dans nos régions .

 

Dans l'antiquité , Orion était un géant et chasseur célèbre qui connut un destin tragique à cause de l'amour que lui portait Artémis , la  déesse de la chasse .

Alnitaka , Almilan et Mintaka forment sa ceinture (son baudrier)  .

Saiph et Rigel ses pieds (d'ailleurs , en arabe , Rigel signifie "le pied") .

Betelgeuse , Heka et Bellatrix (la guerrière) sa tête .

 

Autour d'Orion , on peut voir les constellations du Lièvre , du Grand chien et du Petit chien comme des allusions à sa renommée de chasseur .
Procyon (du Petit chien) et Sirius (du Grand chien) sont aussi deux étoiles majeures .

Sirius , l'étoile la plus brillante du ciel , était vénérée des Egyptiens qui la rendaient responsable du temps de chien (on pourrait dire "de Grand chien") , humide et chaud de septembre , parce qu'elle se levait un peu avant le soleil et semblait rivaliser avec lui . De là à en faire l'instigatrice des crues fertilisantes du Nil et à baser le début de l'année sur son observation , il n'y avait qu'un pas qui fut allègrement franchi .

L'année Egyptienne présentait une autre bizarrerie : ne comportant que 360 jours , il existait une période de 5 jours hors calendrier , pour rattraper le soleil , qui était marquée par de grandes festivités .

Sirius est une étoile double dont le minuscule compagnon , découvert par un fabricant de télescope anglais alors qu'il essayait un nouvel instrument , a été baptisé Pup (le petit chien) . C'est une naine blanche sur laquelle a été vérifié le volet de la théorie de la relativité qui prétend que la lumière est piégée par les objets massifs .

 

Autres objets dignes d'intérêt dans cette région du ciel : Aldéraban et les Pleiades (amas d'étoile visible à l'oeil nu) dans la constellation du Taureau , Castor et Pollux des Gémeaux , Capella du Cocher , Mira de la Baleine (Cetus , le monstre marin qui devait  dévorer Andromède la fille de Cassiopée et de Céphée avant que Persée n'intervienne pour la sauver ) . Hyades et Pléiades , les deux amas du Taureau forment la Porte Dorée de l'Ecliptique car les planètes empruntent régulièrement ce passage dans leurs course zodiacale .

 

De quoi faire pâlir de jalousie tous les sapins de Noël de la terre et des environs .

 

 

La voie lactée

 

 

Si l'on indique, sur une carte développant la quasi - totalité de la sphère céleste, l'emplacement des nébuleuses et amas d'étoiles, on observe qu'ils dessinent un cercle reliant sur l'écliptique les constellations les plus basses du zodiaque (Scorpion et Sagittaire) aux constellations les plus hautes (Gemeaux et Taureau). Depuis notre latitude, nous ne voyons qu'une partie de ce cercle (environ les 3/4) sous forme d'un ruban constellé d'étoiles, plus lumineux que le reste du ciel et qu'on appelle la voie lactée . 

 

Selon la légende , Zeus qui avait conçu Héraclès avec Alcmène , une mortelle , l'aurait fait allaiter par Héra son épouse , pendant son sommeil . En se réveillant , celle-ci , furieuse , aurait arraché l'enfant à son sein , en répandant son lait dans le ciel , ce qui aurait donné la voie lactée .

 

Nous savons que la voie lactée est l'image de  notre galaxie , vue de l'intérieur , par la tranche .

Il s'agit donc en réalité d'un plan (le disque galactique) dont l'intersection avec la sphère céleste donne un cercle, conformément à ce que nous avons appris jusque là . Le noyau (le bulbe central de la galaxie, plus dense ) correspond à la forte concentration observée entre Scorpion et Sagittaire .

 

Si l'on imagine notre système solaire comme un point minuscule dans la galaxie , sachant qu’on ne distingue individuellement que les étoiles les plus proches , toutes sont situées dans une sphère centrée sur notre soleil et contenue dans un des bras de la galaxie .  En direction de la voie lactée , les étoiles sont plus nombreuses, mais on ne voit que les plus proches d’entre elles .

 

Pour voir un objet plus lumineux et plus lontain qu’une étoile , par exemple une autre galaxie ou un amas sphérique, il faut forcément regarder en dehors de la voie lactée .

Si certains amas se trouvent à l'extérieur de la voie lactée , c'est que, selon les théories en vigueur , notre galaxie avait, au début, une forme sphérique avant de s'effondrer pour prendre l'apparence d'un disque doté de bras en spirales. Les amas extérieurs seraient le résidu de la sphère initiale et à ce titre, ils feraient partie du système galactique mais ils se trouvent à l’extérieur du disque , assez loin en dessous ou en dessus .

 

On remarquera qu'un nombre important de galaxies est concentré autour de la constellation de la Vierge . On parle de l'amas ou du super - amas de la Vierge dont ferait partie notre voie lactée .

Les cartes des pages suivantes indiquent l'emplacement des principaux objets célestes . Ceux dont la magnitude (l'éclat) est la plus forte (magnitude <= 0 objet très brillant ; magnitude 4 objet terne)  .

 

 

Les Nébuleuses

 

Une nébuleuse diffuse est un immense nuage de gaz et de poussière .

Il peut être excité par une étoile proche (ou même un amas qu'il contient en son  sein), ce qui le rend lumineux La couleur rose qui le caractérise souvent est due à l'hydrogène .

Une nébuleuse peut aussi réfléchir la lumière ou lui opposer un milieu opaque (on parle alors de nébuleuse obscure) .On a longtemps crû que les nébuleuses planétaires étaient la matrice où se formaient les planètes mais il apparaît aujourd'hui qu'elles sont simplement le résidu de l'effondrement ou de l'explosion d'une étoile.

La nébuleuse du crabe est née voilà mille ans de l'explosion d'une supernovae.

 

 

 

       

 

 

 

 

AMAS STELLAIRES

 

 

 

Les amas sont des concentrations d'étoiles.

Les amas sphériques se distinguent des amas ouverts par leur forme, leur densité et leur situation (en dehors de la voie lactée).

Les plus connus des amas ouverts sont les Pleiades et les Hyades , dans la constellation du Taureau , dont on peut voir quelques étoiles à l'oeil nu .

Les étoiles qui composent un amas sont liées par une vitesse commune .

C'est d'ailleurs l'un des critères de leur apparte-nance à l'amas, critère qui permet de les distinguer des étoiles situées devant ou derrière elles .

 

          

 

 

 

 

Galaxies

 

Seules les galaxies les plus brillantes de l'hémisphère nord sont représentées ici .

Ce petit échantillon ne donne qu'une faible idée de ce qu'est l'amas de la Vierge (entre Vierge et Grande ourse) , une région du ciel où les galaxies foisonnent comme les moutons du Causse autour d’une lavogne par une chaude journée d'été .

Certaines galaxies portent encore à tort le nom de "nébuleuse" dont on les avait affublé avant de percer à jour leur nature exacte .Leur nombre d'étoiles (des milliards) n'a aucune commune mesure avec celui des amas (au plus 50 millions) .

Leurs formes sont diverses mais la spirale domine dans la proportion d'environ 60% suivie de la forme ellipsoïde (20%) puis de la forme lenticulaire (15%) et de la forme irrégulière (5%) d'après une étude récente.

 

 

 

    

 

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